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Les français et le logement : bouleversement de la démographie et de la famille

Mise à jour : 15/06/2005

Janvier 2005, 50 pages

Auteur : laboratoire C.R.E.T.E.IL. de l’Institut d’urbanisme de Paris pour le compte du Salon immobilier de Paris


La France, comme l’ensemble des pays occidentaux, connaît depuis quarante ans des changements démographiques inédits et imprévus. On les analysera au moyen de trois fils conducteurs qui, au demeurant, se recoupent souvent : les bouleversements de la famille, le « vieillissement de la population » et les choix résidentiels. Ces changements se lisent à travers le logement et ont des incidences importantes et multiformes sur les marchés immobiliers.


Pourquoi traiter des bouleversements de la famille ? Parce que ce sont ces bouleversements qui provoquent ce qu’il est convenu d’appeler l’éclatement des ménages, expression quelque peu catastrophiste et très marquée par les représentations que l’on a de la famille. Cela dit, quelle que soit l’expression utilisée, on assiste bien à un phénomène à trois facettes : un accroissement du nombre des ménages plus important que l’accroissement de la population, une réduction de la taille des ménages, une diversification des types de ménages. Tout cela se traduit par une pression forte sur le marché immobilier et une diversification des besoins. En outre, certains ménages issus de ces bouleversements connaissent des difficultés dues à leur vulnérabilité sociale et économique (familles monoparentales) ; et/ou à une politique du logement qui, en France, est calée sur le modèle de la famille stable avec deux, voire trois enfants, et un salaire (familles monoparentales, personnes « vivant seules ») ; à des configurations qui ne correspondent pas au logement standard (familles recomposées).


Quant au « vieillissement de la population », ses incidences sur les questions de logement et de marché immobilier sont fortes dans la mesure où, dans leur écrasante majorité, les personnes âgées vivent hors institution, dans ce que l’Insee appelle des « logements ordinaires ». C’est ce qu’elles souhaitent (toutes les enquêtes le montrent) et cela est rendu possible par la politique de « maintien à domicile ». Du coup, traiter du « vieillissement de la population », c’est s’intéresser à la contribution des personnes âgées au marché immobilier, à leur patrimoine immobilier, à l’offre immobilière pour la retraite, aux résidences secondaires et au pied-à-terre urbain (les retraités passant plusieurs mois de l’année hors de leur résidence principale). C’est aussi se demander dans quelle mesure les retraités participent de certains mouvements de population (retour aux centres, choix de certaines régions).


Il sera question ici des relations qu’entretiennent ces deux tendances sociales et démographiques avec les choix résidentiels des ménages. Nous faisons l’hypothèse que nous vivons d’importants bouleversements des grandes catégories qui guident depuis les trente glorieuses l’attitude des acteurs du marché et des politiques du logement : les ménages et leurs besoins, la répartition entre résidences principales et secondaires, la périurbanisation, le clivage urbain/rural, etc. Nous tenterons d’expliquer ces changements et de les illustrer en envisageant leurs principales implications pour l’avenir.

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 Institut d’urbanisme de Paris
 
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